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Samuel Ajayi Crowther : premier évêque anglican africain, entre mission et libération



Introduction


Le temps de Crowther en mission en Afrique fut un temps de petites choses, si petites qu'on les a piétinées... Pourtant, il est temps qu'une génération fasse de Crowther son héros : qu'elle entre dans cette vie, qu'elle recherche ses écrits négligés, qu'elle les republie et les diffuse (1). — Andrew Walls


Cette exhortation d'Andrew Walls n'est pas un simple appel nostalgique à la mémoire d'un pionnier oublié. Elle constitue une interpellation prophétique à l'Église africaine du XXIᵉ siècle, une Église qui, parfois, néglige l'héritage de ses propres prophètes et bâtisseurs. Samuel Ajayi Crowther n'est pas simplement le premier évêque anglican africain. Il est, avant tout, l'incarnation d'une théologie politique africaine authentique, enracinée dans l'expérience de la souffrance, de la libération et de la retransmission de l'Évangile au-delà des frontières culturelles et raciales.


L'objectif de cet article est double : premièrement, retracer l'itinéraire historique et spirituel de Crowther en situant sa vie dans les réalités sociopolitiques, économiques et religieuses de son temps ; et deuxièmement, analyser sa contribution théologique spécifique à l'horizon du christianisme africain ; tout en plaidant a une réhabilitation de son héritage.


1. L'Afrique de l'Ouest au XIXᵉ siècle : traite, empire et destin de Crowther


Pour comprendre la trajectoire de Crowther, il nous faut d'abord situer son époque dans le contexte géopolitique de l'Afrique de l'Ouest au XIXᵉ siècle. À cette période, l'Empire britannique, ayant officiellement aboli la traite transatlantique en 1807, poursuivait néanmoins son expansion impériale sous couvert de « civilisation » et de commerce légitime. C'est dans ce contexte de violence structurelle que naquit Crowther, vers 1809, dans le pays yoruba (actuel sud-ouest du Nigeria). Son village, Osogun, comptait environ 3 000 habitants et vivait sous la menace constante des raids esclavagistes organisés par les Peuls et certains musulmans yoruba. En 1821, Crowther fut capturé avec ses frères et sœurs. Comme le rapporte Andrew Walls, il fut transféré entre six propriétaires différents avant d'être vendu aux Portugais. Refusant la résignation face à l'oppression, il préférait la mort à la soumission et fit plusieurs tentatives de suicide.


La providence divine, car c'est ainsi que Crowther lui-même interprétera son destin, intervint lorsque le navire britannique Myrmidon, commandé par l'amiral Henry J. Leeke, intercepta le navire négrier en 1822. Avec 187 autres captifs, Crowther fut conduit à Freetown, en Sierra Leone, colonie établie avec le soutien du Clapham Sect (2), un groupe de chrétiens évangéliques issus du Grand Réveil britannique. Ces chrétiens avaient mis leur foi au service de la justice sociale, combattant l'esclavage et soutenant les esclaves affranchis.


Freetown devint rapidement le premier pôle missionnaire en Afrique subsaharienne et un véritable « laboratoire » des missions. Comme le souligne Andrew Walls, le christianisme de Freetown possédait une vie propre bien avant l'arrivée massive des missionnaires européens, animé par un zèle missionnaire spécifique. Les esclaves réinstallés, venus de diverses régions du continent africain, devinrent les piliers de l'éducation, de la gouvernance communautaire, du commerce et de l'évangélisation. Autrement dit, contrairement à une certaine vision paternaliste européenne, Freetown démontrait la capacité des Africains à s'approprier l'Évangile et à le retransmettre avec une authenticité que les Occidentaux eux-mêmes ne possédaient pas toujours.


2. Formation théologique et expérience de conversion : enracinement dans la foi évangélique


C'est à Freetown que Crowther fit l'expérience décisive de sa conversion personnelle. Dans son propre témoignage, il écrivit :

« Vers la troisième année de ma libération de l'esclavage des hommes, j'ai été convaincu d'un autre état d'esclavage, pire encore : celui du péché et de Satan. Il plut au Seigneur d'ouvrir mon cœur... Je fus admis dans l'Église visible du Christ ici-bas, comme un soldat, pour combattre vaillamment sous sa bannière contre nos ennemis spirituels. » (3)


Cette confession révèle une compréhension profonde de la double dimension de la libération : physique et spirituelle. Crowther ne se contentait pas d'une liberté juridique, celle que lui avait octroyée la Royal Navy britannique. Il aspirait à une libération plus radicale, celle de l'âme humaine asservie au péché et à Satan.


Crowther eut le privilège d'étudier au Fourah Bay College à Freetown, première institution universitaire d'Afrique de l'Ouest, fondée par la Church Missionary Society (4) (CMS). Il y apprit à lire et à écrire l'anglais en utilisant le Nouveau Testament comme manuel d'apprentissage. Cette initiation à l'éducation par la Bible devint une constante dans sa vie et son ministère. Crowther comprit très tôt que la disponibilité de la Parole de Dieu dans la langue du cœur constituait la clé de l'indigénisation authentique du christianisme. Comme le note Lamin Sanneh, rien n'égale la connaissance exaltante que Dieu peut parler la langue d'une personne ; cela pénètre le cœur comme rien d'autre. Au-delà de cette expérience, se trouve l'opposition inattendue des non-occidentaux à certaines perspectives chrétiennes de ceux-là mêmes qui les avaient formés. Cette opposition naît d'une perspicacité africaine notable, d'un leadership, d'une perspective culturelle et d'une intelligence biblique acquises en entendant la voix de l'Écriture dans la langue du cœur. Crowther incarna cette vérité de manière exemplaire.


3. Ministère pionnier et contribution théologique : une théologie de la retransmission


Le ministère de Crowther ne se déploya pas dans le confort des structures ecclésiastiques établies, mais dans les zones les plus hostiles et les plus dangereuses de l'Afrique de l'Ouest. Sa participation aux expéditions britanniques du XIXᵉ siècle le long du fleuve Niger (1841, 1854, 1857) marqua le début de son engagement missionnaire dans l'arrière-pays nigérian. Ces expéditions, bien que porteuses des ambiguïtés de l'impérialisme britannique (« Évangile, commerce et civilisation »), créèrent néanmoins une plateforme déterminante d'exposition des populations locales au christianisme.


Crowther ne se contenta pas d'accompagner ces expéditions comme simple observateur. Il analysa avec une rigueur remarquable l'état religieux et les pratiques des populations rencontrées. Comme l'attestent ses journaux personnels, il recoupait et analysait ses informations afin d'accomplir son désir évangélique : transmettre l'Évangile aux différents groupes établis le long du fleuve, dans la conviction que « vraiment, Dieu ne s'est pas laissé sans témoignage » parmi les Africains. Cette conviction théologique que Dieu avait déjà préparé les cultures africaines à recevoir l'Évangile, s'oppose radicalement au mépris occidental qui considérait l'Afrique comme une terre de ténèbres totales.


3.1 Traduction des Écritures : appropriation linguistique et culturelle de la foi


L'œuvre linguistique de Crowther constitue sans doute sa contribution théologique la plus durable. La traduction de la Bible en yoruba, achevée en 1884, ainsi que la publication de grammaires et dictionnaires en yoruba et en nupe, ne relevaient pas seulement de l'évangélisation au sens étroit du terme. Elles représentaient une affirmation prophétique de la dignité des langues africaines et de leur capacité à porter la Parole de Dieu. La langue n'est pas un simple véhicule neutre de communication ; elle est porteuse d'une vision du monde, d'une structure de pensée, d'une sagesse ancestrale.


En traduisant les Écritures en yoruba, Crowther permettait aux Africains de découvrir que la foi chrétienne n'était pas une religion étrangère imposée par les colonisateurs, mais un message divin qui résonnait avec leurs aspirations les plus profondes. Comme l'a formulé John S. Mbiti : « Les occidentaux n'ont pas apporté Dieu ; c'est plutôt Dieu qui les a amenés, afin que Jésus-Christ soit connu ; et donc, par le Christ, l'aspiration à atteindre le Dieu transcendant, enracinée dans la religion africaine, a été réalisée, et le sens de la religiosité africaine a été achevé. » (5)


Cette disponibilité de l'Écriture a largement contribué au sentiment d'appropriation de la foi chrétienne. Les non-occidentaux ont pris conscience que la foi chrétienne est souvent plus proche de leur culture que de celle de ceux par lesquels ils l'ont reçue. Crowther fut l'un des premiers à vivre et à enseigner cette vérité révolutionnaire.


3.2 Approche missionnaire : conversion, éducation et entrepreneuriat


La praxis missionnaire de Crowther se caractérisait par une approche intégrée combinant conversion spirituelle, éducation et développement économique. Contrairement à l'évangélisation superficielle qui se contente de conversions nominales sans transformation sociale, Crowther insistait sur la centralité de la conversion individuelle et sociétale. Par exemple, il prit une décision courageuse, au péril de sa vie, pour empêcher des païens de pratiquer un sacrifice humain à Onitsha Abor, où il se rendait pour ordonner un nouveau prêtre. Le motif de son action était double : maintenir la condamnation scripturaire de cette pratique et réorienter culturellement le peuple en l'appelant aux desseins de Dieu pour la création humaine.


Comme le souligne Akinyele Omoyajowo, « l'arme principale de l'évangélisation de l'évêque Crowther fut l'école » (6). L'éducation constituait une stratégie majeure de retransmission de l'Évangile. Il fonda notamment le Preparandi, une institution polytechnique créée à Lokoja le 21 septembre 1886, qui devint un facteur significatif d'expansion du christianisme parmi les autochtones. Cette institution formait non seulement des prédicateurs, mais aussi des enseignants et des artisans, autonomisant ainsi les membres laïcs de l'Église pour soutenir le développement local des communautés ecclésiales.


Eugene Stock, historien de la CMS, écrivit au sujet de l'intégration de l'entrepreneuriat et de la retransmission de l'Évangile comme stratégie solide, capable d'extirper à la racine le fléau social de l'esclavage parmi les autochtones. Crowther avait compris, bien avant les théories contemporaines de développement, que la pauvreté et l'ignorance constituaient des obstacles majeurs à l'épanouissement de la foi chrétienne. En encourageant l'acquisition de compétences et l'entrepreneuriat, il jetait les bases d'une Église économiquement autonome, libérée de la dépendance vis-à-vis des missions occidentales.


4. Consécration épiscopale et théologie du leadership indigène


4.1 Premier évêque anglican africain : signification théologique et politique


En 1864, Samuel Ajayi Crowther fut consacré évêque de l'Église anglicane pour l'Afrique de l'Ouest, devenant ainsi le premier évêque africain de l'anglicanisme. Cette consécration, célébrée à la cathédrale de Canterbury en présence de l'amiral Henry J. Leeke, celui-là même qui l'avait secouru 42 ans plus tôt, revêtait une signification théologique et politique considérable. D'un point de vue théologique, elle affirmait que l'Africain était pleinement capable d'exercer le leadership ecclésiastique au plus haut niveau, contredisant ainsi le racisme ambiant qui niait l'intelligence et l'âme des Noirs. D'un point de vue politique, elle démontrait que l'indigénisation du christianisme en Afrique n'était pas une simple stratégie missionnaire, mais une réalité ecclésiologique fondamentale.


Cependant, cette consécration suscita la désapprobation de nombreux Européens, y compris de dirigeants missionnaires tels que Henry Townsend (7). Townsend, comme beaucoup d'Européens de son temps, ne pouvait imaginer la soumission d'un Européen à un non-occidental. Cette cécité raciale révèle les contradictions profondes de la mission chrétienne occidentale au XIXᵉ siècle. D'une part, elle proclamait l'égalité de tous les hommes devant Dieu ; d'autre part, elle refusait de reconnaître cette égalité dans les structures ecclésiales concrètes.


4.2 La Mission du Niger : leadership africain et autonomie ecclésiale


Le ministère épiscopal de Crowther s'inscrivit dans le cadre de la « Mission du Niger », qui visait à évangéliser la vallée du fleuve tout en promouvant le commerce légitime comme alternative à la traite. Crowther sut conjuguer prédication, alphabétisation et engagement social. Il développa une politique œcuménique évangélique remarquable, ouvrant les portes de fraternité et de coopération avec les missionnaires d'autres dénominations. Par exemple, lors d'un voyage à l'intérieur des terres, il rencontra des missionnaires baptistes américains au séminaire d'Ogbomoso et encouragea des relations saines avec eux. Cette ouverture œcuménique, enracinée dans une fidélité aux Écritures, traçait une voie pour un agenda œcuménique évangélique au sein de l'Église du Nigeria.


Crowther prônait également la tolérance dans la relation avec ceux d'autres religions, notamment les musulmans. Ses expériences personnelles avec des maîtres musulmans contribuèrent à sa tolérance à leur égard. Son usage du dialogue interreligieux se manifestait en trois composantes : une posture non confrontationnelle (à ne pas confondre avec un non-engagement), un ancrage biblique, et le recours à une traduction en langue vernaculaire. Son engagement intentionnel auprès des non-chrétiens au moyen des Écritures témoignait de sa conviction évangélique profonde.


5. Humiliation finale et résistance prophétique


Malheureusement, vers la fin de sa vie, la Mission du Niger, si prometteuse, connut des revers tragiques. Son travail missionnaire fut freiné, puis finalement démantelé, et son autorité étouffée par la visite de jeunes évangéliques piétistes européens, connus sous le nom de « Sudan Party ». Sous prétexte d'inefficacité et de dérives locales, la CMS plaça les missions de Crowther sous contrôle européen, marginalisant progressivement l'évêque africain et ses collaborateurs. Cette humiliation publique infligée à un homme qui avait donné toute sa vie au service de l'Évangile, démontre les limites d'une véritable autonomie ecclésiale africaine au XIXᵉ siècle.


Certains clercs autochtones, dont Dandeson Crowther, fils de l'évêque, furent indignés par l'humiliation infligée à leur père. Ils protestèrent et se dissocièrent de la CMS, devenant une Église indigène indépendante au sein de la Communion anglicane. Comme de nombreux autres mouvements au sein de l'Église anglicane de l'époque, ils affirmèrent ainsi leur refus de la domination raciale et leur aspiration à une Église véritablement africaine. Cette résistance, quoique tardive, témoignait de la prise de conscience progressive des Africains concernant leur dignité ecclésiale et leur droit à l'autodétermination spirituelle. Cependant, après cette période, l'Église anglicane au Nigeria souffrit de nombreux reculs spirituels. Le démantèlement de l'œuvre de Crowther par les « renards » occidentaux avait créé un traumatisme profond et une méfiance durable envers le leadership indigène. Il fallut attendre le XXᵉ siècle pour que l'Église anglicane du Nigeria retrouve la vigueur et l'autonomie que Crowther avait initiées au XIXᵉ siècle.


6. Héritage théologique et interrogations pour l'Église africaine contemporaine


Andrew Walls avait raison de déplorer que « le temps de Crowther en mission en Afrique fût un temps de petites choses, si petites qu'on les a piétinées ». Mais qui a piétiné ces « petites choses » ? Certainement les missionnaires occidentaux racistes qui ont démantelé son œuvre. Mais également les dignitaires ecclésiastiques africains qui, au XXᵉ et XXIᵉ siècles, ont préféré célébrer les figures occidentales du christianisme plutôt que de rechercher, republier et diffuser les écrits de Crowther.


Leçons théologiques pour l'Église mondiale du XXIᵉ siècle :


Premièrement, l'Église doit dénoncer le danger de planter et de faire fonctionner des Églises sur des fondements de convenance ou d'orientation culturelle ; il faut, au contraire, donner une place première à une foi reposant sur la Parole de Dieu, conduisant à une confiance authentique dans le Sauveur Jésus-Christ. Aujourd'hui, l'Église africaine est entraînée dans des controverses liées à la prospérité matérielle, au pouvoir politique et aux alliances compromettantes avec les « renards » (8). La saine doctrine est abandonnée sur l'autel de la commodité. Comme Crowther, il est temps d'exalter la Parole de Dieu au-dessus de tout dans l'enseignement, la prédication et la vie.


Deuxièmement, les méthodes peuvent changer, mais le contenu essentiel de l'Évangile doit demeurer sacro-saint à toutes les époques. L'abondance des choix technologiques disponibles aujourd'hui ne doit jamais nous faire perdre de vue la pertinence de l'Évangile pour toute l'humanité. L'Évangile demeure la puissance de Dieu pour le salut : cette vérité exige notre engagement. Chaque génération de croyants en Christ doit renouveler son engagement à retransmettre l'Évangile à la génération suivante.


Troisièmement, les chrétiens indigènes sont les mieux placés pour atteindre les peuples indigènes. Samuel Ajayi Crowther l'illustre avec force. Même s'il eut pour contemporains de nombreux missionnaires occidentaux, son affinité linguistique et culturelle catalysa ses efforts et nourrit l'ardeur incarnée de son ministère. L'Église africaine doit cesser d'attendre que les Occidentaux définissent sa théologie et sa mission. Elle doit puiser dans ses propres ressources spirituelles, culturelles et intellectuelles pour accomplir l'œuvre de Dieu sur le Continent.


Conclusion : Faire de Crowther notre héros, une exigence prophétique


Pourtant, il est temps qu'une génération fasse de Crowther son héros : qu'elle entre dans cette vie, qu'elle recherche ses écrits négligés, qu'elle les republie et les diffuse. L'exhortation d'Andrew Walls n'est pas un luxe académique ; elle est une exigence prophétique pour l'Église africaine du XXIᵉ siècle. Faire de Crowther notre héros signifie bien plus que célébrer sa mémoire lors des cérémonies ecclésiastiques. Cela signifie :

  • Entrer dans cette vie : étudier avec rigueur son itinéraire spirituel, théologique et missionnaire, en situant ses choix dans les réalités sociopolitiques, économiques et religieuses de son temps.

  • Rechercher ses écrits négligés : exhumer ses journaux, ses traductions bibliques, ses grammaires linguistiques, ses correspondances, ses exhortations pastorales, toute cette littérature théologique africaine authentique que nous avons abandonnée au profit des best-sellers occidentaux sur la prospérité et le leadership.

  • Les republier et les diffuser : rendre accessible aux générations actuelles et futures cette richesse théologique, afin qu'elle inspire une nouvelle génération de leaders ecclésiastiques africains enracinés dans l'Évangile.


L'histoire de Samuel Ajayi Crowther, de l'esclavage à l'épiscopat, de la captivité à la libération, de l'analphabétisme à l'érudition, témoigne de la puissance transformatrice de l'Évangile. Elle démontre que Dieu peut utiliser les plus humbles, les plus méprisés, les plus piétinés pour accomplir son œuvre rédemptrice dans le monde. Ancien esclave devenu évêque, traducteur de la Bible, éducateur, entrepreneur social, Crowther demeure un symbole de résilience et de dignité africaine. Son œuvre linguistique et pastorale inspira, au XXᵉ siècle, l'africanisation progressive des Églises et l'émergence d'un christianisme véritablement enraciné dans les cultures locales. Mais surtout, Crowther nous enseigne que la véritable libération, celle de l'âme asservie au péché et à Satan, constitue le fondement indispensable de toute transformation sociale, économique et politique.


Sources


(1) Andrew Walls, "Do not Despise the Days of Small Things," interview by Gareth Sturdy, CMS Yes Magazine, May–August 2007.


(2) La « secte de Clapham » (ou Clapham Saints) désigne un réseau d'anglicans évangéliques influents, actif surtout entre env. 1790 et 1830 autour de Holy Trinity, Clapham (sud de Londres). Ce cercle (dont William Wilberforce, Henry Thornton, Zachary Macaulay, Hannah More, Granville Sharp, Thomas Clarkson) joua un rôle majeur dans l'abolition de la traite (1807) puis de l'esclavage (1833) dans l'Empire britannique. Encyclopedia Britannica.


(3) Gareth Sturdy, "Do not Despise day of Small Things."


(4) La Church Missionary Society (CMS) est une société missionnaire anglicane évangélique fondée à Londres en 1799, issue des milieux évangéliques liés au réseau de Clapham. Elle a joué un rôle majeur dans l'essor des missions protestantes/anglicanes aux XIXᵉ–XXᵉ siècles, notamment en Afrique et en Asie. www.churchmissionsociety.org


(5) John S. Mbiti, "Translatability Seen in Mbiti's Writings," in Christianity in Africa: The Renewal of a Non-Western Religion, ed. Kwame Bediako (Maryknoll, New York : Orbis, 1995), p. 116.


(6) Akinyele Omoyajowo, Makers of the Church in Nigeria 1842–1947, p. 42.


(7) Le révérend Henry Townsend (1815–1886) est un missionnaire anglican de la CMS, acteur majeur de la mission yoruba au XIXᵉ siècle, établi à Abeokuta (Nigéria). Il est notamment connu pour avoir fondé et imprimé en 1859 Ìwé Ìròhìn fún àwọn ará Ẹ̀gbá àti Yorùbá, souvent présenté comme le premier journal (yoruba/anglais) publié au Nigéria.


(8) F. Mutombo-Mukendi, « Pourquoi les renards règnent-ils en Afrique ? », Exégèse, Théologie, Pastorale & Mission, Editions IBTB Presses, 2012.


Bibliographie


Olayemi O.T. Fatusi, "The Retransmission of Evangelical Christianity in Nigeria: The Legacy and Lessons from Bishop Samuel Ajayi Crowther's Life and Ministry (1810–1891)," Southwestern Journal of Theology, January 2019. https://equipthecalled.com/swjt-journal-article/the-retransmission-of-evangelical-christianity-in-nigeria-the-legacy-and-lessons-from-bishop-samuel-ajayi-crowthers-life-and-ministry-1810-1891/

Andrew F. Walls, « Crowther, Samuel Adjai », dans Biographical Dictionary of Christian Missions, Eerdmans, 1998.


Lamin Sanneh, Translating the Message: The Missionary Impact on Culture, Orbis Books.


Samuel Ajayi Crowther, A Charge Delivered on the Banks of the River Niger in West Africa, London : Seeley, Jackson & Halliday, 1866.


Lamin Sanneh, « World Christianity and the New Historiography », dans Enlarging the Story: Perspectives on Writing World Christian History, éd. Wilbert R. Shenk, Maryknoll, NY : Orbis, 2002, p. 107.

 
 
 

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